{"id":319,"date":"2024-10-24T16:48:44","date_gmt":"2024-10-24T16:48:44","guid":{"rendered":"http:\/\/51.159.152.193\/blog\/?p=319"},"modified":"2025-10-01T15:12:36","modified_gmt":"2025-10-01T15:12:36","slug":"le-taylorisme-toujours-dactualite-en-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.klarahr.com\/blog\/le-taylorisme-toujours-dactualite-en-2022\/","title":{"rendered":"Le taylorisme, toujours d\u2019actualit\u00e9 en 2022 ?"},"content":{"rendered":"<p id=\"\">Voulant accro\u00eetre la productivit\u00e9 du travail, cette m\u00e9thode d\u2019organisation du travail, dite scientifique, doit son nom \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur Frederick Winslow Taylor, qui, \u00e0 travers son ouvrage \u201cLa Direction scientifique des entreprises\u201d paru en 1911, nous pr\u00e9sente les principes fondamentaux du taylorisme. A travers son livre, il formule une critique sur l\u2019organisation du travail traditionnelle et aborde notamment le cas des ouvriers. Apr\u00e8s sa d\u00e9couverte du travail en usine, il d\u00e9cide de le repenser et de mettre en place une m\u00e9thode r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p id=\"\">Le probl\u00e8me expos\u00e9, il propose alors une solution, une nouvelle organisation qui repose sur la division technique du travail. Il la nomme OST, l\u2019Organisation Scientifique du Travail, qui a ainsi pour but de d\u00e9couvrir \u201cthe one best way\u201d (la meilleure fa\u00e7on de produire). Il va alors mettre en place deux typologies de travail que vous devez sans doute conna\u00eetre : Le travail d&rsquo;ex\u00e9cution et le travail intellectuel de conception.<\/p>\n<h2 id=\"\"><strong id=\"\">3 principes fondamentaux<\/strong><\/h2>\n<p id=\"\">Tout d\u2019abord la division verticale du travail : on entend par l\u00e0 une s\u00e9paration entre le travail d&rsquo;ex\u00e9cution et le travail intellectuel de conception, qui va \u00eatre assur\u00e9 par les ing\u00e9nieurs du \u201cbureau des m\u00e9thodes.\u201d Ce sont ces derniers qui vont d\u00e9terminer la meilleure fa\u00e7on d\u2019effectuer les t\u00e2ches demand\u00e9es. C\u2019est donc un probl\u00e8me directement pris \u00e0 la racine, qui est retravaill\u00e9 d\u00e8s sa conception. Taylor va pr\u00e9coniser un \u201cd\u00e9veloppement d\u2019une science qui remplace le vieux syst\u00e8me de connaissances empiriques des ouvriers.\u201d Donc un passage de savoirs, et\/ou de pouvoir, entre ouvriers et ing\u00e9nieurs. <\/p>\n<p id=\"\">En second principe, on retrouve la division horizontale du travail, qui correspond \u00e0 une parcellisation des t\u00e2ches entre les op\u00e9rateurs. Donc une distribution des t\u00e2ches \u00e9l\u00e9mentaires en r\u00e9p\u00e9tition. Cette derni\u00e8re va permettre une automatisation et ainsi une acc\u00e9l\u00e9ration des gestes. <\/p>\n<p id=\"\">Enfin, un troisi\u00e8me principe souvent oubli\u00e9 et pourtant indispensable, le salaire au rendement et le contr\u00f4le des temps. Sachant pertinemment que cette distribution est monotone et ali\u00e9nante, Tayor comprend rapidement que la seule source de motivation pour l\u2019exercice de telles t\u00e2ches ne sera que l\u2019argent. Par cons\u00e9quent, la mise en place d\u2019un salaire au rendement est quasi obligatoire. Chaque t\u00e2che correspond \u00e0 un temps d&rsquo;ex\u00e9cution et c\u2019est le chronom\u00e8tre qui d\u00e9finit la r\u00e9mun\u00e9ration. <\/p>\n<h2 id=\"\"><strong id=\"\">Une application au monde du travail g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/h2>\n<p id=\"\">\u00c9tant \u00e0 l\u2019origine une m\u00e9thode con\u00e7ue pour le monde ouvrier et ayant d\u00e9montr\u00e9 son efficacit\u00e9, le mod\u00e8le tayloriste a \u00e9t\u00e9 pris en exemple par de nombreuses entreprises.<\/p>\n<p id=\"\">En effet, on adopte en entreprise le m\u00eame syst\u00e8me taylorien qui consiste \u00e0 \u201cr\u00e9cuser l\u2019exp\u00e9rience et la professionnalit\u00e9 des salari\u00e9s et de confier \u00e0 des experts \u00e9loign\u00e9s du terrain, la responsabilit\u00e9 de d\u00e9finir les mani\u00e8res de s\u2019y prendre au travail.\u201d En ce sens, le taylorisme n\u2019a pas disparu mais r\u00e9side au contraire dans le fait qu\u2019il est pr\u00e9sent non plus de fa\u00e7on autoritaire, avec des principes m\u00e9caniques, mais qu\u2019il suppose une complicit\u00e9 active avec leur adh\u00e9sion, nous explique Dani\u00e8le Linhart dans son oeuvre \u201cLe mod\u00e8le manag\u00e9rial moderne : un taylorisme et une subordination personnalis\u00e9.\u201d <\/p>\n<p id=\"\">Dans son livre \u201cde Taylor au n\u00e9o-management : quelle participation des salari\u00e9s ?\u201d Antoine Bevort nous explique que pour les employeurs, la question de la participation des salari\u00e9s renvoie de fa\u00e7on \u00e9minente au probl\u00e8me de l\u2019action collective qui consiste alors de savoir comment mobiliser les salari\u00e9s, de comment obtenir leur engagement et ainsi les faire participer \u00e0 la performance de l\u2019entreprise. Taylor nous explique que les collaborateurs n\u2019ont pas besoin (voire ne sont pas capables) de comprendre les t\u00e2ches qu\u2019ils exercent et qu\u2019alors c\u2019est au management de trouver une fa\u00e7on de les faire coop\u00e9rer. On remarque donc \u00e0 travers l\u2019analyse de Bevort que le Taylorisme pose de nombreux probl\u00e8mes, notamment sur la question de la \u201crobotisation des salari\u00e9s\u201d. Il critique alors le fait que le collaborateurs doit simplement ex\u00e9cuter sans penser, et qu\u2019ils sont alors d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs expertise. Que m\u00eame si le Taylorisme est certes adapt\u00e9 au monde du travail en g\u00e9n\u00e9ral (non pas que ouvriers) certaines de ses fonctions sont \u00e0 revoir. <\/p>\n<h2 id=\"\"><strong id=\"\">Le n\u00e9o-taylorisme<\/strong><\/h2>\n<p id=\"\">Ces principes ont alors \u00e9t\u00e9 mis en pratique tout au long du XX\u00e8me si\u00e8cle et ont augment\u00e9 la productivit\u00e9 des entreprises. On pourrait penser que tout \u00e7a est termin\u00e9, c\u2019\u00e9tait il y a plus d\u2019un si\u00e8cle tout de m\u00eame ! Alors, le taylorisme, c\u2019est du pass\u00e9 ?<\/p>\n<p id=\"\">Aujourd\u2019hui, de nombreux collaborateurs sont \u00e0 la recherche d\u2019impacts concrets dans leurs missions quotidiennes, en plus de la qu\u00eate d\u2019effets sur les missions de leur propre employeur. En effet, il est devenu primordial de remplir ses objectifs de vie, d\u2019image pour un collaborateur.<\/p>\n<p id=\"\">De plus, une diff\u00e9rence s&rsquo;est faite lors de cette crise entre ceux qui ont eu le privil\u00e8ge de travailler en t\u00e9l\u00e9travail et les autres. Yael Guillon parle pour ce sujet de \u201cn\u00e9o-taylorisme\u201d un taylorisme renouvel\u00e9 ou \u201cles avanc\u00e9es sociales du si\u00e8cle dernier seraient en fait en train de reculer progressivement, cach\u00e9es derri\u00e8re un discours progressiste techno-lib\u00e9ral\u201d.<\/p>\n<p id=\"\">Ce nouveau taylorisme accentue la notion de contr\u00f4le d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente avec le digital, ou, cette fois, les nouveaux m\u00e9tiers et ceux dits \u201cprivil\u00e9gi\u00e9s\u201d sont aussi sous des m\u00e9canismes de contr\u00f4le. <\/p>\n<h2 id=\"\"><strong id=\"\">Conclusion<\/strong><\/h2>\n<p id=\"\">Les critiques restent aujourd\u2019hui nombreuses, d\u00e9non\u00e7ant une m\u00e9thode de travail abrutissante qui transforme les collaborateurs en \u201caccessoires de la machine\u201d et qui, d\u00e8s lors, n\u00e9glige totalement la dimension humaine. <\/p>\n<p id=\"\">Cependant, les principes de la division du travail expliqu\u00e9e et mise en place par Frederick Winslow Taylor, sont en 2022 encore d\u2019actualit\u00e9 m\u00eame si aujourd\u2019hui revisit\u00e9e. Cette organisation donne acc\u00e8s \u00e0 de nombreux avantages que l\u2019on a expos\u00e9s. Sa m\u00e9thode est simple et efficace, et permet d\u2019obtenir du travail, une productivit\u00e9 sup\u00e9rieure, ainsi qu\u2019une qualit\u00e9 aux standards constants dans le temps. Le taylorisme a par cons\u00e9quent encore de beaux jours devant lui. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voulant accro\u00eetre la productivit\u00e9 du travail, cette m\u00e9thode d\u2019organisation du travail, dite scientifique, doit son nom \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur Frederick Winslow Taylor, qui, \u00e0 travers son ouvrage \u201cLa Direction scientifique des entreprises\u201d paru en 1911, nous pr\u00e9sente les principes fondamentaux du taylorisme. 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Apr\u00e8s sa d\u00e9couverte du travail en usine, il d\u00e9cide de le repenser et de mettre en place une m\u00e9thode r\u00e9volutionnaire.<\/p><p id=\"\">Le probl\u00e8me expos\u00e9, il propose alors une solution, une nouvelle organisation qui repose sur la division technique du travail. Il la nomme OST, l\u2019Organisation Scientifique du Travail, qui a ainsi pour but de d\u00e9couvrir \u201cthe one best way\u201d (la meilleure fa\u00e7on de produire). 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Taylor nous explique que les collaborateurs n\u2019ont pas besoin (voire ne sont pas capables) de comprendre les t\u00e2ches qu\u2019ils exercent et qu\u2019alors c\u2019est au management de trouver une fa\u00e7on de les faire coop\u00e9rer. On remarque donc \u00e0 travers l\u2019analyse de Bevort que le Taylorisme pose de nombreux probl\u00e8mes, notamment sur la question de la \u201crobotisation des salari\u00e9s\u201d. Il critique alors le fait que le collaborateurs doit simplement ex\u00e9cuter sans penser, et qu\u2019ils sont alors d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs expertise. Que m\u00eame si le Taylorisme est certes adapt\u00e9 au monde du travail en g\u00e9n\u00e9ral (non pas que ouvriers) certaines de ses fonctions sont \u00e0 revoir. <\/p><h2 id=\"\"><strong id=\"\">Le n\u00e9o-taylorisme<\/strong><\/h2><p id=\"\">Ces principes ont alors \u00e9t\u00e9 mis en pratique tout au long du XX\u00e8me si\u00e8cle et ont augment\u00e9 la productivit\u00e9 des entreprises. 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Yael Guillon parle pour ce sujet de \u201cn\u00e9o-taylorisme\u201d un taylorisme renouvel\u00e9 ou \u201cles avanc\u00e9es sociales du si\u00e8cle dernier seraient en fait en train de reculer progressivement, cach\u00e9es derri\u00e8re un discours progressiste techno-lib\u00e9ral\u201d.<\/p><p id=\"\">Ce nouveau taylorisme accentue la notion de contr\u00f4le d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente avec le digital, ou, cette fois, les nouveaux m\u00e9tiers et ceux dits \u201cprivil\u00e9gi\u00e9s\u201d sont aussi sous des m\u00e9canismes de contr\u00f4le. <\/p><h2 id=\"\"><strong id=\"\">Conclusion<\/strong><\/h2><p id=\"\">Les critiques restent aujourd\u2019hui nombreuses, d\u00e9non\u00e7ant une m\u00e9thode de travail abrutissante qui transforme les collaborateurs en \u201caccessoires de la machine\u201d et qui, d\u00e8s lors, n\u00e9glige totalement la dimension humaine. <\/p><p id=\"\">Cependant, les principes de la division du travail expliqu\u00e9e et mise en place par Frederick Winslow Taylor, sont en 2022 encore d\u2019actualit\u00e9 m\u00eame si aujourd\u2019hui revisit\u00e9e. 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