Compétences critiques : la nouvelle priorité L&D des secteurs régulés

Le bon fonctionnement des secteurs régulés comme les télécommunications, énergie, services financiers ou encore les transports repose sur une gestion rigoureuse des compétences critiques. Ces compétences, à la fois spécifiques à chaque métier et transversaux entre les secteurs, sont importants pour stimuler l’innovation et s’adapter aux transformations rapides du marché.

Pourtant, leur mise en œuvre et leur maintien représentent un défi majeur pour les pôles Learning & Development (L&D) des grands groupes comme des ETI. Ils exigent des collaborateurs polyvalents, autonomes et respectueux d’un cadre déontologique exigeant.

On vous montre comment la conformité peut devenir un véritable levier de performance grâce au suivi et à la certification des compétences critiques dans les secteurs régulés.

L'enjeu humain des savoirs critiques pour les secteurs régulés

Les risques d’erreurs dans l’exécution des tâches, la complexité des régulations et la valorisation du développement personnel des salariés impliquent l’adaptation des savoir-faire en entreprise. La principale critique de l’approche par compétence réside dans son évaluation axée sur les hard skills au détriment des soft skills et super skills internes. Le suivi et la certification des savoirs critiques corrigent ce biais pour optimiser la gestion des risques, l’innovation et la conformité. L’infographie de Klara sur les compétences intergénérationnelles offre d’ailleurs un bon indicateur sur l’importance de l’expertise et de l’innovation pour booster la performance en équipe.

Le départ massif des experts métier

La France connaît un « papy-boom » depuis les années 2010 qui s’intensifie et accroît la pénurie de talents dans les secteurs régulés. L’industrie de la défense et les armées font par exemple face à des départs massifs et concomitants de leur personnel qualifié. La majorité des détenteurs de compétences critiques quittent leurs fonctions sans un processus de transmission pérenne.

L’industrie française éprouve par ailleurs des difficultés à recruter depuis de nombreuses années. Le système scolaire ne forme plus les femmes et les hommes dont elle a besoin sur les profils d’ouvriers très qualifiés et de techniciens spécialisés. Le pôle L&D est confronté à la difficulté de préparer la génération intermédiaire de salariés de l’entreprise vers les postes d’experts.

La question de la conformité réglementaire

Les entreprises qui réussissent à faire de la conformité réglementaire un levier de performance bénéficient en général d’un avantage concurrentiel.

Les structures régulées doivent respecter un ensemble complexe d’exigences pour maintenir leur réputation et éviter des sanctions légales. Les réglementations sur l’étiquetage et la sécurité des aliments garantissent la santé des consommateurs dans le secteur alimentaire. Les acteurs du secteur financier se conforment aux normes strictes des autorités de régulation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de transparence.

La mise en œuvre de ces directives passe par la mobilisation de soft skills comme la pensée critique, l’autorégulation, l’ouverture d’esprit et la prise de décision. La rapidité avec laquelle les normes entrepreneuriales évoluent peut par ailleurs rendre obsolètes les pratiques actuelles. Elle oblige les départements de ressources humaines à s’adapter en permanence.

En intégrant la conformité dans votre stratégie globale de montée en compétences, vous minimisez de manière durable les risques propres à votre secteur.

Identifier les compétences critiques : un défi pour le pôle L&D

Saviez-vous que 85 % des métiers à l’horizon 2030 n’existent pas encore ? Le Baromètre international Cegos souligne par ailleurs le risque imminent d’obsolescence des compétences pour 42 % des emplois actuels. Si la transformation des métiers s’accélère, le principal défi du pôle L&D réside dans la formation continue du personnel. Cela passe par l’identification claire des compétences critiques de votre entreprise.

Des savoirs indispensables à la conformité des entreprises régulées

Les compétences critiques découlent de savoirs plus généraux en déficit de RH. Elles résultent d’un parcours professionnel long et indispensable pour l’acquisition de connaissances et d’expériences. Ces capacités se déclinent en deux : les aptitudes détenues à conserver et les compétences à acquérir pour assurer votre autonomie.

Vous devez faire la distinction entre la « criticité » d’un savoir et sa « rareté ». Les compétences rares servent très peu au vu de l’activité de l’entreprise. Peu de salariés maîtrisent donc ces capacités.

Les savoirs critiques désignent, quant à eux, toutes les aptitudes obligatoires en raison de la réglementation ou de la particularité de votre secteur. Elles englobent toutes les compétences essentielles à la durabilité et à l’essor de l’activité de votre entreprise.

La formation continue pour une meilleure gestion des compétences

Toute expertise nécessite une actualisation régulière pour éviter l’obsolescence. Les compétences critiques n’échappent pas à cette règle. Le pôle L&D doit s’assurer que chaque expert consolide et développe ses propres savoirs à travers un plan de formation adapté.

Vous pouvez :

  • Inclure des mises à jour simples dans leur parcours professionnel via le benchmarking et les salons professionnels ;
  • Organiser la montée en compétence autour d’une plateforme de formation intégrée ;
  • Encourager les Actions de Formation en Situation de Travail (AFEST).

N’hésitez pas à organiser des conversations apprenantes et des sessions de validation des soft skills pour faciliter l’onboarding des nouvelles recrues. Les modules e-learning et les formations internes facilitent aussi la transmission des compétences critiques.

En définitive, l’obsolescence des compétences exacerbe l’importance des savoirs critiques pour les entreprises des secteurs régulés. Le baromètre « Transformations, Compétences & Learning 2024 » de Cegos confirme ce constat. Pour 36 % des salariés français, les entreprises apportent une réponse tardive aux besoins de formation de leur équipe. Assurez-vous donc de développer une approche proactive qui s’aligne sur la stratégie de conformité de votre entreprise.

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