L'illettrisme et l'illectronisme : un phénomène sous-estimé par les entreprises

L'illettrisme et l’illectronisme sont des phénomènes qui touchent une grande partie de la population en France. Souvent sous-estimés des entreprises, ils sont facteurs de mal-être au travail.

En pleine ère du digital, il est important en 2022 de se questionner sur les moyens de lutter contre des phénomènes comme l'illettrisme et l'illectronisme ? Ces deux phénomènes complémentaires sévissent et ont un impact particulier dans les entreprises, où la culture de l’écrit est bien ancrée. À cela s’ajoute la fracture numérique pour de nombreuses personnes accentuant davantage les inégalités dans le monde professionnel.

On vous explique les actions à mettre en place pour apporter des réponses à ce problème, qui touche une partie significative de la population en France.

Les difficultés liées à l'illettrisme et l'illectronisme en entreprise

L'illectronisme se définit comme l’absence de compétence concernant le numérique. On entend par là, le fait de savoir utiliser des logiciels, naviguer sur le net, etc. Il peut ainsi être selon les personnes, de degré faible ou très fort. L'illettrisme lui désigne les personnes qui ne maîtrisent pas les compétences pour l'écriture, le calcul et la lecture. Il est déclaré grande cause nationale en 2013. L'illectronisme est le même concept d'illettrisme sous la forme du numérique. Ils représentent à eux deux, une souffrance invisible pour les personnes concernées qui, dès lors, connaissent et subissent une forme d’exclusion sociale.

Aujourd’hui, l'illettrisme concerne plus de 2,5 millions de personnes en France. Ce qui reste une évolution, en effet, en 2004 la population française illettrée représentait 9%, contre 7% aujourd’hui. Amme Mesegue, chargée de mission régionale à l’Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme (ANLCI), nous explique que, contrairement aux idées reçues, cette catégorie de personnes est majoritairement en emploi. “53% d'entre elles ont plus de 45 ans et 71% parlent uniquement français à la maison. Elle nous explique également que “ces personnes sont allées à l’école, elles ont acquis des bases peu stables. Ensuite, elles n’ont guère eu l’occasion d’écrire ou de lire et ces acquis se sont délités.”

Les 7% d'illettrés en France sont aussi concernés par l'illectronisme. Au-delà de ces 7%, c’est 11 millions de Français qui sont concernés par ce deuxième phénomène et la fracture numérique. Donc plus de 23% de la population française. Annie Ripon-Serre, co-auteure du rapport sur ce sujet, explique que les personnes concernées sont en majorité les séniors.

En quelque chiffre, ça représente donc : (source : informateurjudiciaire)

Les actions à apporter pour lutter contre cela

C’est donc un réel facteur d’exclusion mais surtout un frein pour la formation et l’emploi, qui, avec la crise sanitaire actuelle, n’a fait que s'amplifier. Ce fléau dans le monde professionnel entraîne une perte de confiance en soi, du stress, un sentiment de honte et d'échec qui impactent le bien-être au travail.

Ces compétences sont pour de nombreuses entreprises indispensables, d’autant plus que les technologies et les outils ne cessent de se renouveler. Pouvoir tout mettre en place afin de leur faciliter cet apprentissage, de créer des initiatives et des actions bienveillantes sur le fonctionnement numérique qui passe quasi exclusivement par l’écrit. C’est donc au-delà d’un simple apprentissage, une dimension psychologique qu’il faut mettre en place et qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Pouvoir accompagner ces individus passe tout d’abord par la communication. Déterminer le niveau de connaissances actuelles, donc les capacités et les limites des personnes concernées. Il existe de nombreuses solutions pour simplifier ce processus, des formations, des cours, des ateliers, pour les personnes concernées par l'illettrisme ou l'illectronisme.

Vincent Fischer, dirigeant d’une entreprise lyonnaise de propreté à depuis 2004, développe au sein de son entreprise, de nombreuses formations comptant 250 heures dispensées en 1 an pour chaque salarié souffrant d'illettrisme. Pour lui, "l'argument massue, c’est la rentabilité. Un salarié qui comprend tout de suite, c’est moins de temps passé à lui montrer ce qu’il doit faire.”

Au-delà des formations, il existe des solutions rapides et directes, en utilisant par exemple un téléphone au lieu d’un ordinateur à l’aide de la recherche vocale.

Conclusion :

Les entreprises se numérisent de plus en plus. Le développement du digital étant beaucoup axé sur l’écrit, tendance en évolution avec le format vidéo, l'illettrisme et l’illectronisme demeurent deux phénomènes liés.

On estime qu’il existe en France une forte culture de l’écrit, ce qui accentue le fait d’être vigilant sur la sensibilisation, sans stigmatiser les personnes concernées. Ce phénomène, pourtant bien présent, est trop peu pris au sérieux par les entreprises. Pourtant, les actions à mettre en œuvre pour accompagner les personnes en souffrance représentent un gain certain pour les entreprises et les collaborateurs.

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